Projet TAKAMI

Burkina Faso

2019
Association de développement
Burkina Faso

Bobo-Dioulasso

Période de réalisation de l'initiative

du 01/2018 au 12/2019

Description de l'initiative

Lorsque vous êtes à la sortie sud de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ce sont les camions chargés de bois et de charbon que vous rencontrez. Ces camions viennent de Sapouy et de Léo, villes situées au sud du Burkina et où on trouve encore du bois. Par jour, ce sont environ 100 à 200 camions pleins de bois qui entrent dans la capitale.
Lorsque vous vous déportez à la sortie nord de la ville, ce sont des charrettes à traction asine qui alimentent quotidiennement la capitale en bois.
Ce spectacle a amené l’association Ketura à se poser la question sur le devenir forestier de notre pays. Au moins cinq réunions du bureau exécutif de l’association se sont tenues sur cette problématique. Parmi les solutions proposées il y avait :
- la construction et la vulgarisation de foyers qui utilisent la sciure de bois comme combustible
- la vulgarisation des foyers qui fonctionnent à l’éthanol
- la vulgarisation du biogaz
- la production du bio charbon
L’assemblée générale de l’association a opté pour le bio charbon.
La documentation sur le sujet a été réunie et une mission dépêchée au Sénégal auprès de la société Brades pour commander le matériel de production.
La mission devait s’entretenir aussi avec l’association Nébéday au Sénégal. Malheureusement cette connexion n’a pas pu avoir lieu. Elle a été reportée à plus tard.
Le projet a été installé à Noumoudara, village situé à 30 km de Bobo-Dioulasso, la capitale économique du Burkina-Faso, sur l’axe routier Bobo-Abidjan.
Le projet consiste à carboniser les diverses sources de biomasse disponibles dans la région des Hauts Bassins (tiges de coton, coques de karité, coques d’anacardes, sciure de bois, herbe, paille, épis de maïs, etc.). La poudre obtenue est associée à un liant (argile, mélasse de canne à sucre, amidon) et à l’eau pour donner un mélange à presser.
Le mélange est introduit dans une presse et on obtient du bio charbon. Ce bio charbon nécessite deux à trois jours de séchage avant d’être utilisé comme combustible.
Les principaux résultats obtenus à la carbonisation sont les suivants. De toutes les biomasses testées, la tige de coton est celle qui se carbonise le plus rapidement. Sur tous les tests réalisés, elle est carbonisée entre 20 à 35 minutes. Cela est important quand on veut produire en quantité avec peu de carbonisateurs. Le même carbonisateur peut être utilisé jusqu’à dix fois dans une journée.
Parmi toutes les biomasses utilisées, la coque d’anacarde dégage un parfum très agréable quand on l’allume. Ce parfum a fait du bio charbon à base de coque d’anacarde le produit le plus apprécié des femmes et des ménagères. Malheureusement, les coques d’anacardes sont longues à carboniser. D’après plusieurs tests, il faut entre 1h 30 min et 2h pour la carbonisation de cette biomasse. La carbonisation de la sciure de bois nécessite entre 3 h et 3h 45. Le délai le plus long en carbonisation a été obtenu avec les coques de karité. Un temps de 7h à 7h 45 a été nécessaire pour les carboniser. Le meilleur rendement a été obtenu en mélangeant des feuilles à la sciure de bois.
En prenant 9 kg de sciure de bois et 6 kg de feuilles sèches, on obtient, après 3 h de carbonisation, 5,6 kg de poussiers, soit 37,33% de rendement.
Lors du compactage, toutes les biomasses se sont bien comportées, exception faite de la balle de riz. Nous avons eu beaucoup de difficulté à compresser cette biomasse. Le formateur nous a recommandé d’utiliser des presses manuelles si nous voulons travailler avec la balle de riz car cette biomasse contient beaucoup de silice, ce qui use la vis de la presse.
Avant de mettre le produit sur le marché, il a fallu faire différents tests ;
- s’assurer que le produit brûle bien et sans fumée
- vérifier l’absence de substances cancérigènes
- prendre en compte l’appréciation des consommateurs (ménagères, restauratrices, usines, boulangeries etc.)
Un échantillon a été donné à tous ceux qui ont suivi la formation, soit vingt personnes. Un échantillon de la population a reçu ce produit à tester : nous avons retenu 5 vendeuses de charbon, 5 femmes qui travaillent dans l’administration, 5 femmes ménagères et 5 femmes restauratrices.

Principaux résultats obtenus

Le produit brûle très bien sans fumée. Il n’est pas cancérigène. Il a été accepté par les ménagères qui ont reçu les échantillons à tester.
Les associations de femmes qui ont reçu des échantillons ont hâte de voir le produit sur le marché.
Mais le vrai constat qui se dégage est le faible rendement de la biomasse en poudre de charbon. Au terme des tests effectués, les rendements vont de 10 à 33 %. Aussi l’association a-t-elle adopté une stratégie appropriée. Il s’agira d’avoir des équipes mobiles de carbonisation. En effet, il est inutile de transporter de grandes quantités de biomasse pour n’obtenir qu’une petite quantité de poudre.
Les équipes mobiles vont là où se trouve la biomasse et assurent la carbonisation sur place. La poudre ainsi obtenue est transportée au siège du projet, pour être transformée en bio charbon.
Pour les années à venir il est prévu d’acquérir des groupes électrogènes afin d’assurer la fabrication du bio-charbon sur les sites de carbonisation.

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