Adaptation au changement climatique dans les oasis

Maroc

2017
Femmes (en individuel ou en groupe)
Maroc

Ghriss, Ferkla

Période de réalisation de l'initiative

du 03/2015 au 12/2017

Description de l'initiative

L'oasis de Ghriss-Ferkla se situe au sud du pays ; elle s’étend sur une superficie de 42.000 ha.
Pour cette zone oasienne, les projections de la Direction de la Météorologie Nationale, tablent sur un réchauffement moyen saisonnier et annuel de l’ordre de 1 à 2.2°C entre 2030 et 2050. Le changement climatique attendu dans ces zones oasiennes, à l’horizon 2030-2050, va entraîner à la fois une augmentation des températures et une modification des régimes des pluies. Ces changements auront pour conséquences : une nette diminution des disponibilités en eau, une augmentation des besoins en eau agricole et une perte de biodiversité. Dès lors, il sera observé une baisse notable de productivité de tous les secteurs socio-économiques consécutive notamment à une pression croissante sur les ressources naturelles. Le changement climatique se traduira aussi par une baisse des rendements agricoles de l’ordre de 10 à 15% pour les provinces oasiennes.
C’est pour s’adapter à cette situation qu’une étude de la vulnérabilité des oasis au changement climatique a préconisé des mesures prioritaires dont l’économie des ressources en eau et la pratique des cultures résilientes et à forte valeur ajoutée. Cette analyse a aussi donné une importance au volet social et démographique mettant au centre l’autonomisation des femmes qui sont les premières utilisatrices des ressources et les personnes les plus impactées par les changements climatiques.
L’initiative s’inscrit dans ce contexte avec comme objectif la transformation et la valorisation des plantes aromatiques et médicinales (PAM), plantes économes en eau et résilientes au changement climatique en milieu oasien. En effet, la filière des plantes aromatiques et médicinales au Maroc offre un grand potentiel en raison de la diversité des espèces que l’on peut cultiver. L’initiative permet également de favoriser l’amélioration des revenus des femmes oasiennes et leur indépendance économique.
L’initiative consiste à améliorer la production des PAM dans l’oasis. A cette fin, un terrain de 50 ha est loué et une pépinière de 2500 m² est aménagée. On y sème et on y cultive les plantes médicinales et aromatiques jusqu'au stade où elles sont aptes à être repiquées à leur emplacement définitif.
Les adhérents du GIE assurent la multiplication des plantes ; ils utilisent la technique du « goutte à goutte » afin d’utiliser l’eau de façon rationnelle. Pour le puisage de l’eau, le GIE a opté pour le pompage solaire. Ce moyen convient parfaitement aux zones oasiennes où l’ensoleillement est abondant et les ressources souterraines disponibles. Cette technologie ne nécessite que de faibles coûts de maintenance (généralement limités au nettoyage de la pompe) et n’a besoin d’aucun carburant ou électricité du réseau. La durée de vie du système photovoltaïque est aussi relativement longue (20 ans). Une fixation biologique (plantes locales adaptées à la sécheresse) a été faite autour de la parcelle de PAM.
Un programme de formation vise le renforcement des capacités des femmes oasiennes en matière de valorisation des PAM, de production de compost biologique et de maîtrise de techniques d’agroécologie. Il comprend aussi des aspects liés à la commercialisation.
Les séances pratiques sur terrain pour une bonne maîtrise des techniques de mise en culture et de production des PAM comprennent plusieurs aspects : le travail du sol, le choix des espèces à cultiver, le semis, les techniques de transplantation ou bien encore l’identification des parties à collecter pour chaque espèce.
Les femmes du GIE disposent d’un savoir ancestral qui a été préservé au cours des siècles : la médication par les plantes, l’utilisation des plantes pour l’aromatisation et la conservation des aliments, ainsi que la distillation des plantes pour la parfumerie familiale ou la vente. L’initiative permet de valoriser ces connaissances.

Principaux résultats obtenus

- en améliorant la production des PAM (16 espèces cultivées), les femmes du GIE contribuent à la résilience de l’écosystème oasien pour une meilleure adaptation au changement climatique
- les femmes oasiennes disposent de capacités et de moyens techniques et économiques pour pouvoir développer et valoriser la filière PAM agroécologique
- un programme de formation à la valorisation des PAM est consolidé, permettant l’augmentation des revenus des femmes.

Localisation