Biocharbon à partir de déchets organiques

République du Congo

2023
Jeunes (moins de 35 ans, en individuel ou en groupe)
République du Congo

Pointe-Noire

Période de réalisation de l'initiative

du 11/2018 au 12/2025

Description de l'initiative

Selon le rapport publié par la Coordination Nationale REDD en octobre 2014, les ménages de la ville de Pointe-Noire ont toujours recours au bois de chauffe et au charbon de bois comme source d’énergie. C’est une des causes de la déforestation dans les zones proches des grandes villes au Congo, car les arbres sont souvent soit découpés, soit carbonisés directement dans la forêt pour la production de charbon de bois. Le bois énergie et le charbon de bois sont des produits indispensables pour plus de 60 % des ménages en République du Congo. La consommation actuelle atteint plus de 132.000 tonnes de charbon et plus de 100.000 tonnes de bois énergie.
De plus, la ville de Pointe Noire est fortement polluée : des déchets organiques de toute sorte jonchent les rues, or 80 % de ces déchets sont de la biomasse végétale. Ces types de déchets ne sont pratiquement pas valorisés, ce qui contribue à polluer la ville.
La dégradation des écosystèmes entraine une perte de revenus en milieu rural et compromet les efforts du gouvernement en faveur de la sécurité alimentaire et de la réduction de la pauvreté. L’agriculture, un des principaux piliers de l’économie, demeure l’un des secteurs les plus vulnérables.
L’objectif général de l’initiative est de promouvoir un développement local durable : il s’agit de mettre en place une chaine de valeur et de revenus afin d’améliorer les conditions de vie des populations, et en particulier celles des personnes qui vivent de la coupe du bois et de les rendre plus résilientes face aux changements climatiques, en utilisant les énergies propres.
Il se décline en objectifs spécifiques :
- réduire les émissions des GES et modérer les effets du réchauffement climatique ;
- créer des puits et réserves de carbone en donnant une seconde vie aux déchets organiques ;
- renforcer les capacités des groupements et les élèves par la sensibilisation et l’éducation environnementale ;
- promouvoir un développement socio-économique et culturel durable reposant en réduisant les déchets ultimes ;
- améliorer le système de collecte, de gestion et de traitement des déchets végétaux ;
- stimuler l’activité biologique des sols et améliorer la rétention des nutriments et d’eau grâce au bio charbon agricole ;
- augmenter le pH des sols acides et augmenter la matière organique dans le sol ;
- réduire la consommation des engrais chimiques ;
- répondre à un besoin des industriels locaux grâce au biocharbon de chauffe et agricole ;
- contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire des groupements ;
- améliorer la lutte contre la déforestation et créer des emplois verts locaux.
Les bénéficiaires sont les habitants de Pointe-Noire. Le choix de cette ville comme site pilote est lié à l’accessibilité et à la disponibilité des déchets organiques et des moyens d’exploitation et de dans un rayon de moins de 100 km.
La coopérative a eu l’idée de donner une seconde vie à ces déchets en les transformant en charbon écologique dénommé « biocharbon wumela». Cette solution a l’avantage de répondre aux problèmes de pollution, de dégradation des ressources forestières, de perte de biodiversité, du manque d’énergie et de l’utilisation des engrais chimiques dans l’agriculture.
Faire du charbon bio avec des ordures organiques ménagères de toute nature, c’est le pari de notre jeune coopérative qui a lancé à Pointe-Noire ces activités. En plus du faible impact environnemental du produit, l’initiative permet de recycler les déchets ménagers qui inondent les rues de la ville.
Dans le cadre de l’initiative, plusieurs activités sont menées. D’abord, il s’agit de collecter des déchets organiques dans les quartiers, sur les marchés et sur les plages de la ville. Par la suite, le biocharbon (agricole et de chauffe) est produit avec ces déchets sur le site de production de la coopérative. La production obtenue a été expérimentée avec la drêche de brasserie (pulpe de la bière obtenue lors du processus de brassage) de la société Bralico.
Pour évaluer l’efficacité du biocharbon agricole (biochar), des tests ont été faits sur la culture de la tomate ainsi que sur différents légumes, cela avec l’ONG CAD. L’expérimentation du biocharbon agricole a été effectuée également sur la culture du maïs.
Quant au charbon de chauffe, son efficacité a été évaluée dans une fonderie.
Une étude comparative entre le biocarbon et le charbon classique a été réalisée ; elle a porté sur le temps d’allumage, la résistance et le coût.
Enfin, un test a été effectué sur la réutilisation de la cendre du biocharbon après utilisation pour désinfecter les plantes.

Principaux résultats obtenus

Sur le plan environnemental :
- chaque année, 120 tonnes de déchets sont collectés, triés et transformés. Cette collecte de déchets organiques permet d’assainir les villes
- 50 tonnes de biocharbon sont produites par an
- 300 tonnes de bois sont préservées sauvées grâce à la valorisation de 120 tonnes de déchets par an
- plus de 100 personnes, étudiants et membres d’associations, ont été sensibilisées sur les risques liés aux changements climatiques et à la richesse que peuvent représenter les déchets
- plus de 50 ménages ont bénéficié des échantillons du biocharbon pour procéder à des tests
- les émissions de 300.000 tonnes de CO2 sont évitées grâce aux 300 tonnes de bois préservés.
Sur le plan économique et social :
- une chaine de revenus par la vente de biocharbon est créée
- les corvées de bois pour les jeunes gens sont allégées
- les femmes et les enfants sont moins exposés aux maladies respiratoires liées à l’inhalation des fumées
- les rendements agricoles augmentent grâce au biocharbon agricole
- 12 emplois temporaires sont créés (techniciens de production polyvalents)
- trois entreprises de prestation (sérigraphe, mécanicien, de contrôle et de suivi) ont été utilisées.