Description de l'initiative
Le Maroc fait face à un double défi : réduire ses émissions de gaz à effet de serre conformément à ses engagements NDC et COP22, tout en assurant la croissance de son agriculture et de son industrie. La région Souss-Massa, premier bassin agricole du pays, concentre 40% de la production d’exportation mais subit fortement le stress hydrique et la dégradation des sols. Parallèlement, les émissions de CO2 issues des serres, unités agro-industrielles et centrales énergétiques restent peu valorisées. Les technologies classiques de captage de carbone CCUS sont coûteuses et énergivores, inadaptées aux PME et coopératives. C’est dans ce contexte que Biocontrôle Systèmes Salle développe des procédés biotechnologiques de captage, stockage et valorisation du carbone CCUS à faible coût, en utilisant des micro-algues, bactéries et champignons sélectionnés pour leur capacité à fixer le CO2 et le transformer en bioproduits à haute valeur ajoutée. Le CO2 capté devient une ressource pour produire des biofertilisants, biostimulants, aliments pour bétail et biomatériaux.
L’objectif global de l’initiative est de contribuer à la décarbonation de l’agriculture et de l’industrie au Maroc via des solutions biologiques de captage et de valorisation du carbone, accessibles aux acteurs locaux. Il se décline en objectifs spécifiques :
- capturer minimum 500 tonnes de CO2/an par unité pilote d’ici 2027 dans les serres du Souss-Massa ;
- développer 30000 kg de bioproduits issus du CO2 capté/mois : biofertilisants liquides, compléments alimentaires pour aquaculture, et biopolymères
- réduire de 30% l’usage d’engrais chimiques chez 200 agriculteurs bénéficiaires d’ici 2028
- créer 25 emplois verts qualifiés pour jeunes diplômés en biotech et environnement
- transférer la technologie vers cinq coopératives agricoles et deux unités industrielles pilotes ;
- sensibiliser 1000 jeunes et agriculteurs aux enjeux du climat et de l’économie circulaire via des formations pratiques.
Les bénéficiaires directs sont 200 petits et moyens agriculteurs de la plaine du Souss, 10 coopératives agricoles féminines et cinq PME agro-industrielles émettrices de CO2.
Les bénéficiaires indirects sont les communautés rurales de Souss-Massa via l’amélioration de la fertilité des sols et la réduction de la pollution ; les jeunes chercheurs et étudiants en biotech de l’ENSA Agadir, l’écosystème national climat via un modèle reproductible de CCUS biologique à faible coût. Une attention particulière est portée aux femmes rurales et aux jeunes de moins de 35 ans.
L’approche adoptée repose sur piliers : recherche appliquée, prototypage, transfert et valorisation. Une démarche participative permet d’impliquer les agriculteurs dès la phase design pour adapter la technologie à leurs contraintes.
Les principales activités :
- R&D Biotechnologique : criblage de 50 souches, optimisation des conditions de culture, séquençage génétique pour améliorer l’efficacité de captage
- design et assemblage d’unités modulaires de bioréacteurs 1 à 10 m3
- installation de 5 unités pilotes
- transformation de la biomasse captée en 3 produits (BioSouss-Fert engrais liquide, BioFeed complément aquacole, BioPoly biopolymère).
- organisation de 12 ateliers pratiques/an pour agriculteurs et techniciens.
- calcul du bilan carbone via protocole MRV certifié, suivi de l’amélioration des rendements agricoles, audit social des emplois créés.
Cette initiative transforme un déchet climatique en ressource économique, tout en renforçant la résilience des territoires face au changement climatique.
Principaux résultats obtenus
Depuis 2021, Biocontrôle Systèmes a généré des impacts concrets. Sur le plan de l’environnement : les pilotes réalisés ont permis de capter 47 tonnes de CO2 dans trois sites de Biougra, réduisant les émissions locales et limitant le lessivage des nitrates grâce aux biofertilisants. Sur le plan économique : 25 agriculteurs testeurs ont réduit de 22% leur facture d’engrais chimiques et ils ont augmenté leur rendement en tomate de 15%, soit un gain moyen de 18 000 DH/ha. La biomasse a été valorisée en produits vendus : Algamine et complément aquacole. En rapport avec le développement durable : transfert de la technologie vers une coopérative féminine, formation de 180 agriculteurs et étudiants aux pratiques climato-résilientes. Création d’emplois : 30 emplois verts directs créés, dont 27 occupés par des jeunes diplômés et 3 par des femmes techniciennes. Le modèle adopté prouve qu’une solution biotech locale peut lier climat et rentabilité agricole


