Gestion participative de la ressource en eau

Burkina Faso

Association de développement
Burkina Faso

Province du Kénédougou

Période de réalisation de l'initiative

du 01/01/2014 au 31/12/2015

Description de l'initiative

Le Burkina Faso, de par sa position géographique et ses caractéristiques climatiques, fait partie des pays d’Afrique les plus touchés par les pénuries d’eau. Les débits des cours d’eau sont de plus en plus faibles ou bien très irréguliers. Cela est dû en partie au réchauffement climatique. Les autres causes sont l’augmentation naturelle de la population (en moyenne 3,4 % par an) et la migration interne des zones centre et nord vers la région de Kénédougou.
De plus, les productions agro-sylvo-pastorales engendrent des dégradations en tout genre. En effet, l’augmentation des besoins en terres agricoles entraîne la déforestation et donc la réduction des superficies des écosystèmes. La nécessité d’occuper et d’exploiter les terres au niveau des berges se fait sentir. Mais l’exploitation incontrôlée des ressources forestières dégrade le couvert végétal et contribue à la désertification.
Le projet vise à limiter l’impact négatif des changements climatiques et des activités anthropiques sur les ressources en eau dans la province de Kénédougou, notamment grâce à la réhabilitation des berges de trois rivières (Kôba, Gnadia et Zigani) sur des distances de 13 à 17 km. La lutte contre la dégradation des ressources en eau passe par la mise en œuvre de mesures de protection des berges et par la réhabilitation du lit des rivières.
La bonne gestion des ressources naturelles et la protection des berges sont importantes surtout en termes d’adaptation des techniques et d’approche d’exploitation de ces ressources. Il ne s’agit pas uniquement de préserver la biodiversité comme capital naturel, mais de veiller à l'enrichir. Elle contribuera ainsi à la satisfaction des besoins des populations actuelles et futures.
Les activités au bénéfice de la population ont été menées en collaboration avec une diversité d’acteurs :
- les agents du service de santé, qui ont mis l’accent sur les dangers liés aux déchets solides et sur les règles d’hygiène et d’assainissement à adopter.
- les agents du service de l’environnement départemental, qui ont diffusé les bonnes pratiques forestières et agroforestières de gestion durable des terres pour la coupe sélective du bois de feu, le défrichement contrôlé et la régénération naturelle assistée.
- les agents du service départemental de l’élevage, qui ont informé sur des pratiques zootechniques et pastorales de gestion durable des terres
- les instituteurs de l’école primaire, qui ont enseigné des règles pour améliorer l’hygiène et l’assainissement et ont éduqué à l’environnement (jardin scolaire, semaine de l’environnement).
- les agents du service départemental de l’agriculture, qui ont diffusé les bonnes pratiques agronomiques en réalisant ainsi un site de démonstration d’activités agro-écologiques et biologiques.
Le projet s’appuie sur une vision globale et une approche participative. Cela afin d’impliquer et de responsabiliser les populations locales et qu’elles participent à la recherche de solutions idoines.

Principaux résultats obtenus

- les mécanismes et les processus de gestion durable des cours d’eau sont opérationnels
- les cours d’eau disposent de périmètres de protection de leurs berges contre l’ensablement et contre les activités anthropiques agressives
- le milieu biophysique des berges a été restauré grâce à la plantations d'arbres ; les arbres plantés permettent de séquestrer le carbone
- le cadre de vie a été amélioré par le biais de la collecte des déchets et des débris solides
- de nouveaux revenus ont été générés pour les villages riverains des trois rivières, grâce à la vente du sable prélevé
- les sols ont été protégés et leur qualité améliorée
- un système de goutte à goutte recyclant l’eau, notamment pour une plantation de 0,5 ha, a été mis en place.
Tout cela permet de mieux faire face à une double menace : l’évolution du climat et la pression démographique.