Jardins familiaux en agroécologie en zone aride

Maroc

Association de développement
Maroc

Mzouda, Province de Chichaoua, Région de Marrakech

Période de réalisation de l'initiative

du 01/2013 au 12/2016

Description de l'initiative

Nous voulons transformer l’agriculture de douars enclavés et pauvres de Mzouda, un des 360 villages les plus pauvres du pays, en pratiquant l’agroécologie et une agriculture résiliente au changement climatique. Dans cette zone, la moitié des terres sont rocailleuses et incultes, le climat aride, la pluviométrie, faible et irrégulière. Le secteur agricole ne permet pas de sortir la population de la pauvreté. Reconvertir la monoculture de la commune afin de lutter contre la désertification, est un des objectifs du projet.
Nous avons créé un Centre de formation, un Jardinet d’application (700m²) et un Jardin Pilote agroécologique (1,5ha).
Nous visons la généralisation de jardins familiaux agroécologiques, la mutualisation d’expériences d’agroforesterie, l’appropriation des techniques d’économie d’eau, la maîtrise des semences paysannes.
Cela suppose de sensibiliser les populations sur les fléaux de la désertification et la nécessité d’une gestion économe de l’eau. L’urgence est d’améliorer les conditions de vie et d’autonomie des populations locales.
Le changement passe par la formation initiale des acteurs ; des ateliers d’alphabétisation sont organisés à cette fin, un dispositif de suivi-accompagnement est mis en place et des aides matérielles (outils, paille, graines, plants) sont dispensées. Des formations spécialisées sont aussi proposées. Nous avons formé des animatrices "environnement", capables d’initier à l’agroécologie. Valoriser les produits des terroirs locaux et créer à plus long terme un marché de produits labellisés suppose de consolider les connaissances et développer des compétences au sein d’une structure d’économie sociale et solidaire.
Les bénéficiaires directs sont 150 femmes d'El Hamri et des douars environnants et 20 agriculteurs de ces mêmes douars, qui veulent avoir une parcelle privée à cultiver et se réinsérer socialement. Les bénéficiaires indirects sont les familles.
Nous nous sommes appuyés sur Esther Duflo et sur le diagnostic participatif territorial de la commune de Mzouda, réalisé par l’INDH. Nous nous sommes attachés depuis le début à la création d’un double réseau multi-acteurs de soutien à notre action, réseau français et réseau marocain.
Notre principale activité est la formation ; elle concerne l’agroécologie, l’eau, la laine, l’alphabétisation, la cuisine, la santé, l’éducation à l’environnement des enfants. Avant toute formation, la sensibilisation est faite à l’aide de supports audiovisuels. Les stagiaires étant souvent analphabètes, les formateurs français et marocains veillent à employer des moyens pédagogiques adaptés à ce public. Le jardin d’application permet de montrer les résultats encourageants obtenus en agroécologie.

Principaux résultats obtenus

- contribution à l’adaptation au changement climatique dans les zones arides
- éco-construction d'un centre de formation (en pisé) avec un jardin d'application
- formation à l'agroécologie, à la culture des plantes aromatiques et médicinales
- sensibilisation de différents publics à la gestion économe de l'eau, à la lutte contre les pesticides et engrais chimiques, à la gestion des déchets, aux questions de santé et d'environnement
- développement de 12 parcelles en agroécologie
- création de 30 jardins familiaux qui diversifient l'alimentation des familles démunies
- essaimage des jardins familiaux (voisinage des stagiaires) et des premières parcelles agroforestières
- le jardin d'application est un lieu riche en biodiversité (abeilles, insectes, tortues, oiseaux, etc.).