L'agroforesterie, rempart contre la désertification

Tchad

Groupement villageois
Tchad

Haraz Al-Biar

Période de réalisation de l'initiative

du 06/2009 au 11/2015

Description de l'initiative

La région subit durement les effets des changements climatiques. La sécheresse et la désertification ont eu comme conséquence la destruction des terres arables. Le couvert forestier a en grande partie disparu. Il s’est ensuivi un appauvrissement de la communauté et une insécurité alimentaire.
Face à cette situation, le groupement s’est engagé dans un ambitieux projet afin d’améliorer la résilience de la communauté face aux changements climatiques. Le groupement comprend 53 femmes. Il fait aussi travailler des jeunes, et ses activités bénéficient aussi à d’autres femmes des villages concernés.
L’objectif principal a été de stopper la dégradation des terres et de s’engager dans une agriculture durable sur les 91 hectares que compte le groupement.
Il s’est agi tout d’abord de planter des arbres : au total 11.000 ont été plantés. Cela a demandé un effort considérable des membres du groupement, et cela sur plusieurs années. Des espèces d’arbres qui avaient disparu ont été réintroduites.
Ensuite, une nouvelle approche a été adoptée pour l’agriculture. Les cultures ont été diversifiées. Riz, maïs, sorgho, légumes, arachide, oignon, moringa sont les principales. Les techniques de l’agroforesterie ont été introduites progressivement. L’agroforesterie combine à la fois, la culture de produits vivriers, la plantation d'arbres et le petit élevage. Les interactions entre ces trois éléments sont très positives.
Pour protéger les parcelles, notamment de l’érosion éolienne et hydrique, des haies vives ont été plantées à leur pourtour, ce qui favorise aussi la préservation de la biodiversité.
En plus de la restauration de l’environnement, le groupement s’est donné comme objectif d’améliorer la situation économique des ménages. A cette fin, des bœufs (42 au total) ont été acquis et remis aux familles les plus nécessiteuses. La communauté, quant à elle, a bénéficié de la construction de deux écoles communautaires (ce qui a permis d’accueillir les filles) et la réalisation de forages pour faciliter l’accès à une eau de qualité. Cela a été financé en particulier par les bénéfices réalisés par les membres du groupement grâce aux activités de culture et aussi grâce à la location, à des particuliers ou à des groupements, d’un tracteur acheté à crédit. L’aide extérieure perçue par le groupement a été faible.
De plus, des maisons ont été construites pour les familles les plus vulnérables et des activités génératrices de revenus ont été créées pour des jeunes. Certains d'entre eux sont d’ailleurs employés par le groupement pour réaliser un ensemble de travaux agricoles.
Ce projet a permis de sensibiliser toute la communauté ainsi que les autorités traditionnelles à l’importance de restaurer les ressources naturelles détruites. Il a aussi fait évoluer le comportement des autorités traditionnelles des villages vis-à-vis des femmes et il a renforcé l'implication des femmes dans la gestion des biens communautaires.

Principaux résultats obtenus

- reconstitution du couvert forestier
- bonne gestion de la ressource en eau
- création d’un microclimat favorable à la culture
- ralentissement de la désertification
- stockage du CO2 grâce aux arbres plantés
- amélioration de la situation alimentaire et économique de la communauté
- ralentissement de l’exode rural ; des jeunes, partis en ville, sont même revenus au village grâce aux 36 emplois créés pour eux par le groupement.
Cette initiative montre que, même dans un environnement hostile et dégradé, il est possible de lutter contre les effets négatifs des changements climatiques. La clé du succès est dans la mobilisation des femmes et les efforts déployés de façon continue pendant plusieurs années.