Lutte contre l’érosion et la dégradation du couvert végétal

Maroc

Association de développement
Maroc

Commune rurale de Tilmi, Province de Tinghir

Période de réalisation de l'initiative

du 07/2013 au 12/2015

Description de l'initiative

Le projet se déroule dans une région désertique et vulnérable au changement climatique, et plus particulièrement dans une zone montagneuse de la région. Les principales activités de la population sont l’agriculture dans de petites parcelles et l’élevage extensif. La partie basse de la zone est une vallée alluviale cultivée, l’autre partie est constituée de flancs de montagnes abrupts, utilisée comme parcours pour les troupeaux et comme lieu de collecte du bois de feu. C’est dans cette seconde zone que le couvert végétal est fortement dégradé, en raison notamment des effets du changement climatique. Les sols sont exposés à l’érosion.
Cette érosion a comme conséquence le déplacement de quantités énormes de matériaux de la zone des parcours vers l’espace cultivé, ce qui engendre un ensemble de désordres : inondation des champs, et donc perte de culture, envasement des champs par les matériaux, déplacement du lit de l’oued vers les terres agricoles, ce qui entraîne la perte de ces dernières, dégradation des équipements collectifs.
L’initiative vise globalement à renforcer les capacités des populations (formation, information et sensibilisation) pour une meilleure adaptation aux effets du changement climatique afin de lutter contre l’érosion et de pérenniser l'activité agricole. De là découle un ensemble d’objectifs spécifiques :
- protéger le couvert végétal sylvopastoral : il s’agit de réduire le prélèvement de bois le long des parcours en augmentant la quantité de bois issu de la taille et en promouvant l'arboriculture
- promouvoir l'arboriculture
- diminuer le surpâturage par la réforme du régime coutumier « Agdal » (gestion communautaire)
- construire et mettre en fonction un four collectif amélioré qui permette de réduire le prélèvement du bois de feu.
En aval, il s’agit de protéger les terres agricoles contre les crues et de réduire les pertes des cultures. Par ailleurs, le projet contribue à l’amélioration de la condition de la femme, cela en réduisant la corvée du bois de feu et en diminuant la charge de travail grâce à la cuisson du pain dans un four collectif.
Une approche participative a été adoptée : la population est impliquée, depuis la phase de conception du projet jusqu’à sa mise en œuvre. Un Comité de Pilotage a été créé. Le projet s’est appuyé sur la capitalisation des expériences locales, en valorisant le savoir communautaire et les pratiques ancestrales.
Un ensemble d’activités ont été menées :
- réalisation d’une étude d’analyse participative de la lutte contre l’érosion du sol et la dégradation des terres agricoles, avec une identification des sites pour la construction des digues
- construction de 13 digues le long des deux ravins principaux de la vallée
- réalisation de deux murs de protection du lit de l’oued pour renforcer les berges
- organisation d'ateliers pour débattre des problématiques de l’environnement, de la protection des sols et de la lutte contre le changement climatique
- transformation d’une ancienne habitation en un local pour le four collectif.
- lancement d’une campagne de plantation d’arbres fruitiers.
- formation des jeunes à la taille des arbres et acquisition de scies pour encourager la taille
- amendement des règles d’ «Agdal».

Principaux résultats obtenus

- économie de bois de feu grâce à l’emploi du four économe en combustible
- exploitation du bois de taille
- stockage du gaz carbonique dans les arbres préservés ou plantés
- régénération des plantes endogènes, qui avaient presque disparu des parcours
- prévention de l’érosion des sols.