Politique énergétique et d’atténuation au changement climatique

Maroc

2017
plus de 100 000 habitants / more than 100,000
Maroc

Région de Marrakech Safi

Période de réalisation de l'initiative

du 11/2014 au 12/2016

Description de l'initiative

La ville de Marrakech est engagée dans une politique ambitieuse d’atténuation aux changements climatiques à travers différents projets en lien avec l’énergie.
Projet de valorisation du biogaz de la décharge de la ville.
La décharge présente actuellement un gisement de déchets ménagers et assimilés de près de 3 millions de tonnes. Elle présente en même temps un potentiel de biogaz de 1000 m3 depuis sa fermeture. Ce biogaz comprend près de 50% de méthane qui peut générer une puissance de 1 mégawatt.
Le biogaz est extrait du corps de la décharge par trois pompes de soutirage et véhiculé à travers un réseau de drainage superficiel et 10 puits verticaux. Ce biogaz est traité et transformé en électricité dans une usine bioélectrique d’une puissance d’un mégawatt ; il contribue à la réduction de l’émission de près de 60.000 tonnes de CO2 par an. L’électricité générée est injectée dans le réseau de la ville géré par la RADEEMA ; il contribue à la diminution de la facture énergétique relative à l’éclairage public.
Le coût du projet et estimé à près de 21,5 millions de dirhams ; il permet une réduction annuelle de la facture énergétique de près de 8,5 millions de dirhams par an.
Projet de valorisation énergétique des déchets de la ville de Marrakech.
Il est prévu, au niveau du nouveau Centre d’Enfouissement et de Valorisation (CEV) des déchets ménagers et assimilés de la ville de Marrakech, la production d’un combustible (Combustible Solide de Récupération) à fort pouvoir calorifique, qui sera vendu aux cimentiers qui vont l’utiliser comme source d’énergie. Les combustibles de substitution représentent une alternative très intéressante aux énergies fossiles, et font partie des leviers majeurs de réduction de CO2 et de réduction des coûts.
Pour la décharge de Marrakech, vue la proximité de l’usine de Ciments du Maroc ainsi que la taille de cette usine, une quantité minimale de 40.000 tonnes/an de combustible solide de substitution peut être valorisée dans cette cimenterie. Le pouvoir calorifique du combustible solide à base de déchets ménagers est compris entre 3500 à 4000 Kcal/kg, il représente pratiquement la moitié du pouvoir calorifique du coke de pétrole. Les cimenteries marocaines peuvent valoriser de 400.000 à 500.000 tonnes de combustible de substitution à base de déchets ménagers par an.
Optimisation de l’éclairage public.
Conscients des enjeux d’une gestion optimisée de l’éclairage public, la Commune Urbaine de Marrakech a décidé de rénover son parc d’éclairage public qui comprend environ 61.000 points lumineux. La facture énergétique annuelle s’élève à environ 72 millions de dirhams (6,5 millions d’euros). L’objectif de ce projet consiste à:
- baisser au minimum de 60% les consommations énergétiques annuelles ;
- rénover les équipements d'éclairage et rationaliser l’exploitation;
- mettre en place un système informatique pour le suivi et le contrôle.
Pour conduire ce projet, la commune de Marrakech a créé une société de développement local (SDL) qui aura à la fois l’expertise métier des meilleures pratiques internationales et pourra assurer un financement pérenne. La Ville sera néanmoins partie prenante afin de garder le contrôle nécessaire à la bonne réalisation du projet. Le contrat a une durée de 10 ans ; l’investissement total est de l’ordre de 264 millions de dirhams.
Projet de BHNS et parc photovoltaïque.
La commune de Marrakech a opté pour des bus urbains électriques qui seront exploités dans le cadre du BHNS (projet des Bus à Haut Niveau de Service). Une première flotte de plus de 30 bus est ainsi en cours d’approvisionnement. Afin de contribuer à la lutte contre les changements climatiques, la commune a initié un projet de création d'un parc photovoltaïque d’un mégawatt dont la production sera utilisée pour la recharge des batteries des bus électriques.
Projet de cogénération au niveau de la Station de Traitement des Eaux usées
Il s’agit de la première STEP qui intègre la récupération de biogaz et la réutilisation de l’eau dans toute la région. La station de traitement des eaux usées de la ville de type « boues actives », exploitée par la RADEEMA, génère chaque jour entre 130 et 140 tonnes de boues résiduaires. Ces dernières sont traitées dans un digesteur par le procédé de bio-méthanisation. Le méthane extrait du biogaz produit est valorisé en énergie électrique. Le biogaz produit par la station permet de générer par cogénération 30 MWh/jour d’énergie électrique couvrant 50% des besoins de la STEP et 40 MWh/jour de chaleur pour les besoins thermiques de la station. Soit au total l’équivalent de 67 barils de pétrole par jour. Cela évité aussi l’émission du méthane dans l’atmosphère.
De par sa technologie innovante, la station d’épuration des eaux usées de Marrakech a été enregistrée par les Nations unies au Mécanisme du Développement Propre (MDP), chargée au titre du Protocole de Kyoto de lutter contre le changement climatique et le réchauffement planétaire.

Principaux résultats obtenus

- contribution à l’atténuation du changement climatique et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre
- baisse de la consommation d’électricité, en particulier pour l’éclairage public
- emploi de technologies innovantes de valorisation énergétique des déchets solides et liquides
- la cogénération d’électricité à partir de boues permet la réduction de 60.000 tonnes de CO2 par an.

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