Promotion de l’agroforesterie au profit des communautés locales

République Démocratique du Congo

2021
Association de développement
République Démocratique du Congo

Territoire de Basankusu, dans la province de l’Equateur

Période de réalisation de l'initiative

du 02/2016 au 12/2022

Description de l'initiative

Les principales activités pratiquées sur le territoire Basankusu sont l’agriculture, la pêche artisanale, l’élevage des petits bétails, le petit commerce de produits manufacturés, la chasse, la cueillette et le ramassage des chenilles, la fabrication de briques cuites. La production vivrière (maïs et manioc) est destinée principalement à l’autoconsommation. En ce qui concerne les principaux produits non ligneux, ce sont lemiel, les chenilles, les marantacées, les champignons, les escargots... Les principales sources d’énergie sont le bois, l’huile de palmeet le charbon de bois.
La déforestation et la dégradation des forêts ont diverses conséquences : diminution et disparition de certaines espèces fauniques, floristiques et de produits forestiers non ligneux, éloignement des terroirs agricoles, apparition de microclimats (perturbations climatiques), faible fertilité du sol, insécurité alimentaire, tarissement des cours d’eau, augmentation de certaines maladies dans le milieu.Il faut noterune mauvaise gouvernance concernantla gestion des forêts et une pression anthropique due à l’explosion démographique.
L’objectif général de l’initiative est d’améliorer le couvert forestier des communautés locales par la mise en œuvre d’activités d’adaptation et d’atténuation au changement climatique. Il se décompose en trois objectifs spécifiques :analyser les effets du changement climatique, la vulnérabilité des communautés locales et des écosystèmes forestiers ; renforcer les capacités et réhabiliter des sites dégradés par la surexploitation de la forêt.
Les bénéficiaires du projet sont les 100 ménages qui pratiquent l’agriculture et 50 responsables des concessions professionnelles.
La méthodologie comporte plusieurs volets : enquêtes et identification des ménages dans la zone d’intervention, diagnostics participatifs communautaires, ateliers de formation, séances de sensibilisation, avec l’appui des média, accompagnement technique pour l’installation de pépinières et mise en place définitive des plantules.
Dans un premier temps, il s’est agi d’enquêter sur les causes de la déforestation, puis,dans un second temps, d’établir des pépinières agroforestières (arbres hôtes à chenille, arbres à croissance rapide, arbres fruitiers et bois d’œuvre) en vue d’intégrer ces variétés dans les champs de production.
Un atelier de consultation participative sur les changements climatiques et la vulnérabilité des communautés et des écosystèmes a été animé, dans le but d’établir un état des lieux des espaces déboisés ou dégradés. Cela a permis d’identifier les sites à reboiser en priorité et ainsi que les groupes actifs dans les filières de production et de vente du charbon de bois et des produits agricoles.
Différentes pratiques culturales ont été introduites. Ainsi, 7900 arbres ont été plantés sur 80 hectares, principalement dans les champs (régénération naturelle assistée). Des techniques de rotation de culture raisonnée ont été introduites. L’assolement (division des champs en différentes cultures) a aussi été pratiqué. Les agriculteurs ont été accompagnés pour la plantation de haies,ce qui empêche la divagation des bêtes et constitue un brise vent. Cela contribue à la séquestration du carbone et à la fertilisation du sol. La technique du paillage a été introduite ; elle permet de couvrir le sol et de ralentir le ruissellement des eaux dans les champs.
Les agriculteurs ont été accompagnés au moyen de séances de sensibilisation sur la gestion et la protection des forêts intactes (forêt vierge et tourbières, qui servent de puits de carbone).

Principaux résultats obtenus

Les effets positifs sur l’environnement sont divers :
- les couverts forestiers ont été reconstitués grâce à la plantation des différentes essences
- les écosystèmes ont été restaurés
- des espaces récréatifs ont été aménagés dans les concessions professionnelles
- le sol a récupéré des éléments nutritifs et le cycle hydrique a été restauré
- la pression sur la forêt a diminué grâce à l’application de techniques agroécologiques
- les espèces menacées de disparition sont de nouveau disponibles dans la zone d’intervention.
Quant aux effets positifs sur le développement durable, ils sont de différentes natures :
- les bénéficiaires se sont approprié les plantations
- les chenilles sont disponibles pendant la saison de ramassage
- la production fruitière a augmenté dans la zone du projet ; l’autosuffisance alimentaire est assurée
- la fertilité des sols s’est accrue grâce à la décomposition des feuilles des arbres plantés
- les ressources naturelles sont exploitées durablement.
Des emplois ont été créés et les revenus, en particulier ceux des femmes et des filles mères vulnérables, ont augmenté.
Des émissions de gaz à effet de serre sont évitées : du dioxyde de carbone est séquestré grâce aux dispositifs des plantations mises en place ; l’atmosphère est assainie par l’émission d’oxygène par les arbres plantés.