Renforcement de la capacité d’adaptation des populations

Mali

ONG locale ou nationale
Mali

Commune de Baya, cercle de Yanfolila, Région de Sikasso

Période de réalisation de l'initiative

du 12/2010 au 12/2012

Description de l'initiative

La Commune Rurale de Baya compte cinq villages et hameaux de culture. Sa population, qui s’élève à 14.462 habitants, vit essentiellement de l’agriculture et de l’exploitation des ressources naturelles.
L’économie du Mali repose sur l’exploitation des ressources naturelles ; l’agriculture, le pastoralisme et la pêche occupent plus de 75% de la population et représentent 50% du Produit National Brut. Depuis la sécheresse des dernières années, cette économie est menacée par les variations climatiques. On constate une baisse régulière de la quantité de pluie, une grande variation spatio-temporelle et une augmentation des températures du sud-ouest vers le nord-est, avec des maximales relevées au cours de l’année pouvant atteindre ou dépasser les 45°C tandis que les minimales sont rarement en dessous de 10°C. Le régime pluviométrique est très affecté par la variabilité et les changements climatiques : la baisse de la pluviométrie a été de 24,6 mm au nord et 179,2 mm au sud, en l'espace d'un demi-siècle.
Tout cela a a eu des effets négatifs sur presque tous les secteurs économiques (agriculture, foresterie, énergie, pêche). De plus, on constate une dégradation des sols et du couvert végétal, une raréfaction des ressources en eau et une diminution de la diversité biologique.
Il y a lieu de noter que seul un quart du pays reçoit assez de pluies pour supporter une agriculture manuelle et il n’y a que 2% des terres qui sont favorables à une agriculture mécanisée. Par conséquent, une grande partie de la population est vulnérable aux problèmes climatiques.
Une baisse généralisée des rendements du mil et du sorgho a été constatée entre 2005 et 2015. Le même type de constat a été fait pour le riz fluvial.
De nos jours, les variabilités climatiques ont donc eu comme conséquence une diminution constante des rendements agricoles. La disparition progressive des espaces végétaux a contribué à accentuer la pauvreté.
Le projet vise à améliorer les conditions de vie de la population par la maîtrise des mesures d’adaptation aux changements climatiques et la restauration de la biodiversité.
Un ensemble d’activités ont été organisées :
- l’information et la sensibilisation des populations
- le renforcement de la capacité des comités de gestion du projet
- la restauration des terres dégradées
- la vulgarisation de nouvelles variétés améliorées et de techniques culturales adaptées aux changements climatiques
- la collecte et la diffusion d’informations météorologiques pour aider à des prises de décision
- des productions de plants en pépinière
- des plantations en agroforesterie
24 paysans volontaires ont procédé à la récupération des terres dégradées à l'aide des techniques enseignées : demi-lune, compostage, agroforesterie, fixation biologique et mécanique, méthode PLASA (Planter Sans Arroser), méthodes de conservation des eaux de surface… 24 volontaires ont enrichi chacun une superficie de 0,5 ha de forêt communautaire, soit 12 ha au total, avec des espèces en voie de disparition afin de contribuer à la restauration de ces espèces.
L’ONG travaille en collaboration étroite avec les autorités politiques et les autorités administratives, avec une implication effective des communautés bénéficiaires. Les populations bénéficiaires exécutent tous les travaux qui exigent l’emploi de main-d’œuvre. Les femmes sont représentées majoritairement dans la mise en œuvre des activités.

Principaux résultats obtenus

- les communautés et les autorités administratives et politiques disposent d’une bonne connaissance de l’approche du projet et travaillent en étroite collaboration avec l’ONG
- les causes et les conséquences des dérèglements climatiques sont perçues par plus de 20.000 acteurs, qui s’engagent dans des actions d’atténuation et d’adaptation aux effets des changements climatiques
- le comité de gestion a pris en charge l’animation d’une écoferme : il mène des activités de renforcement de capacité au bénéfice d’autres paysans sur les technologies d’adaptation et les mesures d’atténuation.
- la production de maïs, sorgho et mil a augmenté de 15%
- les autorités communales disposent d’outils de gestion des forêts et elles ont mis au centre de leur préoccupation le renforcement de la résilience des communautés.