Valorisation des fruits avariés en bioéthanol

Cameroun

2021
Autre
Cameroun

Douala

Période de réalisation de l'initiative

du 05/2020 au 12/2023

Description de l'initiative

La production de fruits entraîne des pertes importantes et 5% du total des émissions anthropiques des gaz à effet de serre lui est lié. Par la fermentation, les fruits avariés contribuent à la libération de gaz à effet de serre et constituent des nuisances olfactives. Ces déchets constituent une source importante d’énergie lorsqu’ils sont convertis en bioéthanol. D’où est venue l’idée de produire de l’alcool pharmaceutique à partir des déchets de fruits pour participer à la lutte contre le réchauffement climatique à travers la réduction des émissions de méthane, la pollution des sols ou du CO2 lorsqu’ils sont brûlés à ciel ouvert.
L’objectif principal est de mettre en place un procédé de production de bioéthanol à usage énergétique et pharmaceutique à base de fruits avariés et d’évaluer l’impact de ce procédé dans les mesures d’atténuation des gaz à effet de serre. Il se décline en deux objectifs spécifiques : contribuer à la réduction des émissions de CO2 liées au déversement de fruits avariés dans la nature et promouvoir les emplois verts.
Quatre types de bénéficiaires sont touchés : 4882 commerçants de fruits des marchés de la ville de Douala, 10 supermarchés et supérettes de la ville de Douala, 100 agriculteurs qui valorisent les pertes de fruits après récolte et cinq jeunes formés dans la production de l’alcool.
Il s’est d’abord agi de collecter des données à propos de la réduction des gaz à effet de serre par le biais de la valorisation des déchets organiques, puis d’établir un état des lieux à propos des fruits avariés dans la ville. L’étape suivante a été de sensibiliser les cultivateurs et les commerçants de fruits sur l’impact des rejets des fruits avariés dans la nature et pour le climat. Ensuite, une stratégie de collecte et de traitement des fruits avariés a été définie, puis un procédé de fabrication du bioéthanol à usage énergétique et pharmaceutique à base de fruits avariés a été mis en place. Une phase pilote a été conduite. Enfin, un brevet d’invention a été déposé. Un suivi a été effectué au cours de ces différentes étapes, puis une évaluation a été réalisée.
Dans un premier temps, les acteurs de la chaine de culture et de commercialisation des fruits ont été sensibilisés sur l’impact du rejet des fruits avariés dans la nature.
Une stratégie de collecte et de traitement des fruits avariés a été mise en place. Nous avons émis deux hypothèses : la sensibilisation et l’implication des populations sont faibles ; la création d’une synergie entre acteurs formels et informels de la récupération des déchets organiques augmentera le taux de collecte.
Pour collecter les données, nous avons procédé à une enquête, une recherche documentaire et une observation. Le choix de l’échantillon s’est fait en tenant compte de l’implication des populations et de leur connaissance de la problématique de la gestion des fruits avariés.
Puis, il s’est agi de sélectionner les fruits en fonction de leur taux de sucre, procéder aux opérations unitaires de fermentation et distillation et réaliser un contrôle qualité du produit fini. Les fruits choisis au cours de cette étude sont l’ananas, la papaye, la pastèque, le pamplemousse et l’orange en raison de leurs valeurs en éthanol.
Par la suite, on a procédé à la production et à la commercialisation du produit fini.

Principaux résultats obtenus

Les impacts du projet sont les suivants :
191 tonnes de déchets de fruits avariés habituellement déversés dans la nature ont été valorisés au cours des phases d’étude de production du bioéthanol à usage pharmaceutique et énergétique
4882 commerçants de fruits des marchés de Douala, 10 supermarchés et supérettes, 100 agriculteurs qui valorisent les pertes de fruits post-récolte ont été sensibilisés aux effets néfastes du rejet de ces fruits dans la nature et de ses conséquences pour le climat.
Le projet a permis de lutter contre la pauvreté en permettant à 4882 commerçants de fruits des marchés de Douala d’obtenir des revenus supplémentaires grâce à la vente, à un prix symbolique (0,115 euro par kg) des fruits avariés.
Contribution à la réduction des émissions de CO2 émises par 191 tonnes de déchets de fruits avariés déversés grâce à la valorisation de ces déchets par la production de l’alcool à usage énergétique et pharmaceutique.
15 emplois ont été créés financés par le programme WIDU Corona business ; le projet devant être pérennisé, les emplois devront devenir pérennes
Les émissions de 161,1 tonnes de CO2 ont été évitées pendant la période de déroulement du projet.