Valorisation et gestion des ressources du lac Ahémé

Bénin

ONG locale ou nationale
Bénin

Bopa

Période de réalisation de l'initiative

du 12/2013 au 08/2015

Description de l'initiative

Le bassin Mono Couffo (complexe lagune côtière, chenal, lac Ahémé et fleuve Couffo) constitue un patrimoine socio-économique et culturel pour tout le pays, et en particulier pour les populations des communes qu’il traverse. Son potentiel de développement est important (hydro-agricole, hydro-électrique, ressources en eau pour les activités minières et industrielles, élevage, pêche, tourisme). Actuellement, il possède un faible niveau de valorisation parce qu’il est mal exploité. Les principales activités économiques sont l’agriculture et la pêche. Le secteur de la pêche, qui occupait plus de 50.000 personnes de deux départements en 2008, est aujourd’hui fortement menacé. Les causes sont variées : pression démographique, forte demande en protéines animales, non-respect des règlementations en vigueur dans le secteur de la pêche, utilisation des techniques de pêche non contrôlées. A cela, il faut ajouter les effets pervers des changements climatiques, qui participent à la dégradation de la zone.
Les changements climatiques menacent la pêche à cause de la hausse des températures de l’eau, de l’élévation du niveau des mers, des modifications de la salinité et de l’acidité des océans, de la diminution de la pluviosité et des changements de répartition et d’abondance des stocks ichtyologiques. L’existence même des communautés de pêcheurs est menacée puisque les poissons se font de plus en plus rares. Cette baisse de rendements entraîne la réduction des revenus des pêcheurs, l’aggravation de la disette et des migrations importantes. Et pourtant ce secteur contribue à hauteur de 3% du PIB et emploie, directement et indirectement, environ 300.000 personnes. C’est d’ailleurs pour cette raison que JVE-Bénin a entrepris depuis 2013 ce projet, qui vise les communautés de pêcheurs, dans le but de renforcer leurs activités, tout en garantissant une gestion durable des ressources naturelles.
L’objectif de ce projet est d’impulser une dynamique locale de production durable avec les communautés de pêcheurs afin de reconstituer les écosystèmes dégradés pour faire face aux effets négatifs des changements climatiques sur le secteur de la pêche et améliorer sensiblement les conditions de vie des populations locales.
En cohérence avec notre objectif, nous avons utilisé l’approche "bottom-up", fortement participative, axée sur les communautés de pêcheurs ciblées. Au démarrage du projet, toutes les parties prenantes ont été informées et sensibilisées sur les objectifs, les activités et les indicateurs-clés du projet lors d’un atelier d’information et de planification. Chaque partie prenante a été responsabilisée pour une bonne mise en œuvre et une efficacité des activités.
Les principales activités réalisées:
- sensibilisation pour une meilleure appropriation du projet et l'importance des écosystèmes.
- éducation relative à l’environnement dans les écoles publiques
- sensibilisation en langues locales dans les médias communautaires
- formation des autorités locales pour prendre en compte la conservation dans les plans de travail annuels
- formation sur les Activités Génératrices de Revenus durables
- financement de 2 sites de pisciculture en bac hors-sol et 14 sites d’élevage de volaille et de porcs.

Principaux résultats obtenus

- les populations prennent peu à peu conscience de leurs actions dans la dégradation des écosystèmes
- des engagements ont été signés par les populations pour abandonner les techniques de pêche non contrôlées qui dégradent l'environnement
- les capacités de gestion durable des ressources naturelles de 500 pêcheurs dans le lac Ahémé sont renforcées.
- 5 ha de mangrove ont été plantés par la population vivant dans le bassin du fleuve Mono.
- les moyens d’existence des ménages des pêcheurs sont diversifiés à travers la création de 16 nouvelles unités d’élevage
- 22 comités villageois de développement du bassin ont été créés ; les capacités de leurs membres sont renforcées pour gérer les ressources naturelles de façon durable.